13 septembre 2004
Le géant américain Disney a confirmé, vendredi, que Michael Eisner quittera son poste de chef de la direction à la fin septembre 2006, à l’échéance prévue par son contrat.
Sur volonté de Roy Disney, Michael Eisner avait pris la direction de Disney en 1984. Trasfuge de Warner Bros, il était arrivé en compagnie de Frank Wells. Le tandem Eisner-Wells devait entre autres revitaliser la production de dessins animés, développer les parcs thématiques et doter le groupe d’un réseau de télévision grand public en achetant ABC, en 1995. La chaîne de sports ESPN et d’autres chaînes thématiques comme Disney Channel se sont par la suite ajoutées.
Mais en 1996, l’action de Disney commençait à reculer en bourse alors que les audiences d’ABC baissaient et que certaines acquisitions s’avéraient moins payantes qu’anticipé. En novembre 2003, Roy Disney et son allié Stanley Gold, jadis chauds partisans de M. Eisner, ont renoncé à leur siège au conseil et lancé une campagne pour l’évincer de son poste.
Parmi les noms mentionnés pour prendre la tête de Disney se trouvent ceux de Mel Karmazin, qui a quitté la direction du groupe Viacom (réseau CBS, studio Paramount, chaîne MTV) et de Peter Chernin, directeur général de News Corp., propriété de Rupert Murdoch.
9 septembre 2004
Catherine Colonna, porte-parole de l’Elysée, a été nommée en conseil des ministres à la direction du Centre national de la cinématographie (CNC), en remplacement de David Kessler.
Diplomate de carrière, Catherine Colonna avait été nommée porte-parole de la présidence de la République en mai 1995, après l’élection de Jacques Chirac.
David Kessler, ancien collaborateur de Lionel Jospin à Matignon, était directeur général du CNC depuis mars 2001. Il rejoint France Télévisions en tant que conseiller auprès de la présidence. Sa mission portera sur les régimes d’aides aux programmes culturels et les missions de service public des chaînes.
Par ailleurs, Catherine Colonna est également nommée présidente par intérim de l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’Image et du Son, plus connue sous le nom de Fémis, qui forme aux principaux métiers liés à l’audiovisuel et au cinéma, du preneur de son au scénariste.
8 septembre 2004
Selon des estimations publiées lundi par le Centre national de la cinématographie (CNC), les salles de cinéma en France ont comptabilisé 133,57 millions d’entrées entre le 1er janvier et le 31 août 2004, soit une hausse de 21,7% par rapport à la même période de 2003.
Sur les douze derniers mois écoulés, la fréquentation est estimée en progression de +14,7 % pour atteindre 197,98 millions d’entrées.
En revanche, la part de marché des films français est estimée à 34,4% depuis le début de l’année, contre 39,2% en 2003 sur la même période. La part de marché des films américains baisse aussi. Elle est estimée à 48,8% depuis le début de l’année, contre 51,3% en 2003 sur la même période. Sur les douze derniers mois, la part de marché des films français est estimée à 32,3% et celle des films américains à 51%.
6 septembre 2004
Après l’abandon de NBC-Universal, la Metro-Goldwyn-Mayer est proche de trouver un nouveau propriétaire.
Time Warner vient en effet de proposer entre 4,5 et 4,6 milliards de dollars, mêlant cash et actions, pour faire main basse sur le mythique studio de Cinéma. Cette offre remplace la précédente d’un même montant mais émise exclusivement en action.
La proposition de Time Warner est inférieure à celle du consortium mené par Sony (4,8 milliards de dollars) mais cette dernière pâtie de nombreuses clauses fixées par le géant nippon.
22 juin 2004
Le groupe de médias américain Viacom a annoncé vendredi la séparation d’avec sa chaîne de vidéoclubs Blockbuster, dont il détient 81,5% du capital. Annoncée en février, la cession prendra la forme d’un échange d’actions au 3e trimestre, au terme duquel Viacom touchera 738 millions de dollars (611 M€).
Blockbuster a vu ses marges diminuer fortement depuis l’apparition du DVD. La chaîne a dû à la fois convertir son stock dans ce nouveau standard et appréhender les nouveaux comportements de ses clients. Les américains qui louaient énormément, se optent désormais pour l’achat grâce aux offres extrêmement compétitives de la grande distribution.
L’avenir n’est pas plus encourageant : la commercialisation d’offres de vidéo à la demande (VOD) et de magnétoscopes à disque dur (PVR) rendent la location de supports physiques désuète.
10 juin 2004
Selon le New York Times, la major américaine Walt Disney serait sur le point de céder les parts de sa filiale Miramax à ses fondateurs et dirigeants Harvey et Bob Weinstein.
Etudié depuis plusieurs semaines, ce désengagement semble dû aux profondes dissensions entre les dirigeants des deux structures. Disney a récemment refusé de distribuer le documentaire de Michael Moore Fahrenheit 9/11, Palme d’Or à Cannes. Les frères Weinstein critique ouvertement Disney, parlant de censure. Ensuite, la reconduction des contrats de ces derniers, qui expirent l’année prochaine, semble loin d’être acquise tant les divergences sont nombreuses (rémunérations, etc.)
Acquis en 1993 par Disney pour 80 millions de dollars, les studios Miramax sont aujourd’hui valorisés autour de 2 milliards de dollars.
20 mai 2004
Malgré les insistantes rumeurs de ces dernières semaines, la nouvelle équipe dirigeante de NBC Universal a déclaré que sa priorité était de réussir la fusion entre les deux groupes de communication, faisant taire les rumeurs de rachat de la Metro Goldwin Mayer.
Place est faite à Sony. Le groupe japonais a engagé des pourparlers exclusifs avec MGM en vue du rachat des célèbres studios de cinéma américains. Sony aurait fait une offre estimée à 5 milliards de dollars.
Cette exclusivité serait valable jusqu’à la fin de la première semaine de juin sachant que MGM a décidé de reporter au 29 juin la date de son assemblée générale, le temps pour le groupe d’examiner des projets « alternatifs ».
Selon Reuters, le président de la nouvelle entité, Bob Wright, s’est montré « pas particulièrement intéressé » par la MGM. Ron Meyers, le président d’Universal Studio, a quant à lui reconnu la qualité du catalogue de la MGM (4 000 titres), tout en qualifiant l’offre de Sony de « trop élevée ».
Wright a cependant souligné que NBC Universal restait attentif à toutes les opportunités pouvant se présenter sur ses métiers de base (production et diffusion) tout en repoussant l’idée d’acquérir un opérateur satellite ou un câblo-opérateur.
12 mai 2004
La veille de l’ouverture du Festival de Cannes, l’organisateur de la manifestation, le Centre national de la cinématographie, le Groupe Canal+, en collaboration avec l’Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle (ALPA), ont organisé hier un colloque antipiraterie.
Ce colloque, portant prioritairement sur le téléchargement illégal de films sur internet, se fixait pour ambition de permettre aux professionnels du cinéma et aux industriels de l’internet de proposer des réponses concertées au phénomène de la piraterie.
Etude quantitative à l’appui réalisée par l’institut Médiamétrie, les organisateurs ont dressé un bilan alarmiste de leur situation. Ainsi près de 19% des internautes, soit 3 millions de français affirment avoir déjà téléchargé gratuitement des films sur internet et déclarent détenir en moyenne 26 DVD gravés à partir de ces téléchargements dans leur vidéothèque.
Dans 44% des cas, les films seraient téléchargés entre leur sortie en salle et leur commercialisation en vidéo. Les pirates téléchargeraient en moyenne 11 films par mois mais n’en regarderaient que 4,2… (période 15 au 21 avril 2004 auprès de 3.086 internautes âgés de 15 ans au moins).
Invitée, la Motion Pictures Association (MPA) évalue quant à elle le manque à gagner à 3,5 milliards de dollars.
L’Association des Fournisseurs d’Accès et de Services Internet (AFA) a regretté n’avoir pas été invitée à participer à ce colloque. Ses membres avaient pourtant participé aux réunions préparatoires à la demande du CNC.
Retrouvez dans la rubrique Document, les études citées et les présentations des intervenants.
10 mai 2004
Après plusieurs mois de négociation, le groupe Canal+ a obtenu un assouplissement des accords définissant l’exploitation des œuvres cinématographiques sur son antenne.
Signé par les organisations professionnelles (BLIC, BLOC, ARP, chambre syndicale, et l’API), le nouvel accord permet désormais à Canal+ de diffuser des films (ayant réalisé moins d’un million d’entrées en salle) les mercredi et samedi soirs, ainsi que d’augmenter le nombre de rediffusion. Le Cinéma a fini par accepter d’augmenter la durée des modules de multidiffusion. Canal+ dispose aujourd’hui d’un mois pour diffuser un film 28 fois ; dès 2005, le groupe disposera de trois mois pour ces 28 passages.
Cet assouplissement s’accompagne du maintien du soutien à la distribution et à l’exploitation pour un montant de 12 millions d’euros par an. Cette contribution sera réévaluée à la hausse en fonction des évolutions du chiffre d’affaires de la chaîne premium. L’industrie cinématographique craignait un éclatement de la chaîne premium au profit des déclinaisons thématiques, ce qui aurait occasionné une baisse du chiffre d’affaires servant de base de calcul de cette aide.
Enfin, l’industrie cinématographique a obtenu la contractualisation de pratiques courantes. Ainsi, Canal+ préachetait 83% des films français. Le groupe s’est engagé à préacheter 80% de la production française. En soutient à la diversité, Canal+ va désormais consacrer 17% du chiffre d’affaires investi dans le cinéma aux films inférieurs à 4 millions d’euros. Enfin, le groupe n’a plus l’obligation d’investir 20% de son chiffre d’affaires dans des films européens. Il continuera en revanche d’investir 12% dans le cinéma européen, dont 9% dans le cinéma français.
Un décrêt gouvernemental devrait prochainement valider ces dispositions. L’accord est valable jusqu’en 2009 mais contient une clause permettant une renégociation avant terme.
29 avril 2004
Afin de palier la futur concurrence des offres de vidéo à la demande (VOD), surfer sur le succès du DVD et surtout pensant sécuriser leurs produits, les majors privilégieraient-elles le DVD jetable ?
La boutique en ligne Cdiscount, filiale du groupe Casino, lancera le 7 mai les DVD jetables en France. Proposé dans un premier temps à 2,49 euros pièce, la fourchette de prix ira de 2,49 à 3,49 euros. Cdiscount a aussi acquis la licence pour une commercialisation en Belgique et aux Pays-Bas.
La technologie Thomson a été retenue. Baptisé « DVD-D » (pour « disposable », jetable en anglais), le support se détruit par oxydation environ 8 heures après qu’il soit sorti de son emballage.
A l’étude depuis longtemps par les grandes chaînes de vidéo-clubs, le DVD-D ne fait pourtant pas l’unanimité. Interrogé par Reuters, Gilles Darnois, responsable du développement de GDS, la maison-mère des vidéoclubs Vidéo Futur, a déclaré que « le DVD jetable n’était absolument pas dans leurs projets (…) car il dévalorisait le produit. »